Dans beaucoup de formations, la légitimité du formateur repose d’abord sur son expertise métier.
C’est souvent le point de départ : bien connaître son sujet, maîtriser les contenus, être capable de répondre aux questions. C’est essentiel !
Mais, dans la pratique, cela ne suffit pas toujours.
Quand l’expertise ne suffit plus
Il arrive que des formateurs très compétents rencontrent des difficultés :
- des participants peu engagés
- des échanges qui s’éloignent du sujet
- une attention difficile à maintenir
- des sujets qui n’ont pas été abordés
Ce n’est pas une question de niveau.
C’est souvent une question de posture.
Une situation concrète
J’ai récemment accompagné deux formatrices qui animent une sensibilisation : elles maîtrisent parfaitement leur sujet, le contenu est solide et l’intention est là. Mais elles ressentaient le besoin de faire évoluer leur manière d’animer. Ce qui a déclenché l’accompagnement ? Une participante déçue à l’issue de la formation, car elle n’avait pas reçu ce qu’elle attendait. Une seule, mais cela rejoignait leur sentiment diffus que quelque chose n’allait pas.
En plus de retravailler le contenu, nous avons travaillé en parallèle un autre point : leur posture. Car la gestion du groupe, du temps, de l’organisation, des apprenants difficiles… C’est plusieurs jours de formations que les formateurs occasionnels ne peuvent pas toujours suivre au début de leur activité. Cet exercice avait pour but de leur donner une piste de réflexions pour gérer toutes ces situations lorsqu’elles se présentent.
Partir du réel
Nous avons travaillé à partir de situations très concrètes :
- Que ressentez-vous/comment réagirez vous face à un participant qui consulte son téléphone pendant la formation ?
- Que faites-vous si des échanges prennent beaucoup de place ?
- Rappellez-vous des profs ou des formations qui vous ont marqué, en positif ou en négatif. Qu’est-ce qui vous en reste ? Quelles émotions y sont associées ?
Ces situations ont permis de mettre en lumière quelque chose d’important : les formatrices faisaient déjà des choix… sans forcément en avoir pleinement conscience.
Mettre des mots sur la posture
Pour les accompagner, je leur ai proposé lors d’une atelier d’une heure, une lecture simple de la posture de formateur, autour de trois équilibres :
- transmettre des contenus / faire réfléchir les participants
- poser un cadre / s’adapter au groupe
- créer de la proximité / garder une juste distance
Ces équilibres ne sont pas à trancher, ils se régulent en permanence, en fonction des situations.
Une prise de recul utile
Ce travail ne vise pas à “corriger” une manière de faire.
Il permet surtout de rendre les choix plus conscients.
Par exemple :
- intervenir ou laisser faire
- répondre immédiatement ou faire émerger
- recadrer ou ouvrir la discussion
Autant de décisions qui influencent directement l’engagement des participants.
Ce que cela change
En prenant du recul sur leur posture, les formatrices ont pu :
- mieux comprendre certaines situations
- ajuster leur manière d’intervenir
- gagner en confort dans l’animation
Sans changer leur personnalité mais en choisissant plus consciemment leur manière d’être en formation.
Conclusion
La légitimité d’un formateur ne repose pas uniquement sur ce qu’il sait. Elle repose aussi sur sa capacité à créer un cadre, à faire participer, à ajuster sa posture. Autrement dit : à créer les conditions pour que l’apprentissage puisse réellement avoir lieu.
Vous souhaitez travailler votre légitimité de formateur ? C’est exactement ce que je propose dans le cadre de mon offre d’accompagnement des experts métiers à la pédagogie. Je vous propose un audit gratuit d’une heure de vos pratiques actuelles et on co-construit ensemble le programme de l’accompagnement dont vous avez besoins.
